Solidor Team Sailing - Sailing for all

 

Devenu une institution, le Pilotage s’est imposé avec le développement des échanges maritimes. Pour naviguer en sécurité, le capitaine requiert l’aide de cet « homme du lieu » , spécialiste de la rade, des fonds marins, des courants, des couleurs de l’eau, des configurations des côtes, de la météo. Il connaît aussi les pièges de son port : topographie des quais, des entrepôts. Grâce à lui. Le navire accède ou quitte sans encombre les installations qui lui sont réservées.

L’obligation de pilotage remonte à un édit de 1551, sous le règne de Henri II.

A Saint-Malo, le terme et la spécialité de pilote apparaissent dès cette année 1681, sur le « Rolle général des officiers mariniers et matelots des évêchés de Saint-Malo et de Dol ».

Le 12 décembre 1806. C’est à Postdam que Napoléon 1er signe le décret-loi qui organise les stations de pilotage, les pilotes étant jusque-là regroupés en confrérie. La véritable Charte du pilotage est contenue dans la loi du 28 mars 1928.

Les cartes marines n’étant guère précises et les aides techniques à la navigation embryonnaires, dépourvu de moteur et d’instruments sophistiqués, ces navires marchands devaient affronter mille périls dès qu’ils s’approchaient des côtes.


Avec sa vaste baie, un marnage de 13m, une flopée de rochers qui affleure et découvre aux grandes marées, l’entré au port de Saint-Malo représente un véritable défis à tout capitaines de navire marchand.

Fin XIXème début XXème, Saint-Malo est le port d’attache d’une flotte importante de Terre-Neuvas. L’exploitation de la morue séchée se développe énormément. En 1912, 146 navires partirent en l’espace de quinze jours! Un énorme travail pour les pilotes qui sortent chacun d’eux et une activité constante pour le bateau-pilote l’Alouette.

Les exigences des armateurs se font pressantes et de nouvelles infrastructures sont envisagées pour entrer dans le port, de jour comme de nuit…


La commission des phares du 8 août 1863 décide la construction de phare de grande taille pour baliser les trois alignements principaux conduisant au port : la Grande Porte, La Petite Porte et le Chenal Intérieur. On le sait, la première fonction du phare est l’atterrage puisqu’il permet au navire de se repérer au large et de cibler la côte. L’autre fonction est le guidage dans un chenal en faisant superposer visuellement deux feux, l’un placé en mer ou au bout d’une jetée et l’autre toujours en retrait, à terre, plus haut que le premier.


Le pilote doit avoir les feux devant lui l’un au dessus de l’autre pour que sa route soit validée. Il s’agit là de l’adaptation d’une procédure utilisée « depuis longtemps par les marins locaux qui suivaient, de jour des amers visuellement superposés. »

La première initiation du mousse consiste à utiliser la sonde. Avec le compas comme seul instrument de précision, ces pilotes doivent avoir en mémoire le relief sous-marins, les escaliers de la Manche disent-ils, indispensable pour se repérer dans la brume, « la purée de pois »! L’étymologie du mot évoque cet homme de la sonde, celui qui connait les fonds et leur traîtrise.


Le sondage est une des premières formations du mousse mais c’est aussi l’occasion, à 0-12 ans, d’assurer son développement musculaire! Composé d’un lest de plomb et d’une ligne étalonnée, il sert à déterminer la profondeur de l’eau et la nature du fond : le plomb présentait une cavité remplie de suif auquel se collaient les échantillons de sable,raviers ou vase. La formation maritime était ainsi inculquée : être capable de se repérer sur ces seules indications et développer l’observation de l’environnement.


Une telle formation sur le tas, pouvait permettre à un mousse courageux, hardi, bon marin… et patient, de devenir pilote.

 

Source: Jean- Luc Blaise

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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